URNES DE VOTE

Les URNES.

4 tailles d'urnes avec et sans compteur.
4 tailles d’urnes avec et sans compteur.

Les élections étant le meilleur symbole de la démocratie, c’est naturellement en Grèce que l’on utilise pour la première fois des urnes pour des scrutins secrets. Les grands électeurs de l’époque (on n’en était quand même pas déjà au suffrage universel) décidaient en introduisant dans 2 jarres des sortes de jetons qui signifiaient « pour » ou « contre ».

Il y avait la jarre, où l’on mettait le jeton de son choix et dans l’autre le jeton non utilisé.

Ils avaient donc inventé la vérification du vote et la bonne récupération des jetons que l’on ne pouvait pas utiliser abusivement lors d’un prochain vote.

 

La démocratie s’est ensuite mise en sommeil pendant de longs siècles et il fallut attendre le 19ème siècle pour que l’on utilise des urnes de vote. Cela s’est passé en Grande Bretagne en 1872.

 

En France, les urnes ont été pendant très longtemps en bois et réalisées par le menuisier local.

Elles étaient équipées de 2 cadenas tout comme les urnes en tôle qui sont apparues avec l’industrialisation.

 

La loi électorale a évolué en 1989 puisque l’article 63 stipule que « l’urne électorale est transparente ». Les directives d’application avec effet au 1er janvier 1991, précise qu’il faut entendre par « urne transparente » des urnes dont au moins les 4 faces sont transparentes.(L’Espagne nous avait précédé de 2 ans). Le but est de minimiser la fraude classique qui consistait à glisser plusieurs enveloppes dans l’urne ou bien a mettre des enveloppes dans l’urne avant le début du scutin.

Il est également rappelé que la fermeture de l’urne se fait avec 2 cadenas ou serrures dont les clefs sont dissemblables.

 

Les fabricants d’urne métalliques ont alors fait des fenêtres dans les 4 faces et y ont collé des pièces en plastique transparent. Mais très vite les urnes ont été réalisées entièrement en plastique et beaucoup d’urnes modernes sont 100% transparentes.

 

Les urnes sont en plexiglass ou en styrène mais les plus résistantes sont en polycarbonate, c’est-à-dire réellement incassables. C’est, en effet, avec ce matériau que sont réalisés les boucliers de CRS et des Gendarmes Mobiles.

 

Les urnes sont parfois équipées d’un compteur. Il s’agit d’une trappe, solidaire d’un levier et de l’axe du compteur. Le scrutateur, en actionnant l’ouverture de la trappe, quand un électeur lui présente son enveloppe, incrémente le compteur.

A la fin du scrutin, le nombre de suffrage devrait correspondre au chiffre indiqué sur le compteur.

En fait, les scrutateurs sont parfois un peu « agités » sur le levier et il est très rare qu’il y ai concordance entre le compteur et le nombre d’électeur qui ont participé au vote que l’on connaît d’une part en comptant les émargement sur la liste du même nom et en comptant les enveloppes lors du dépouillement. C’est pour cela que le compteur n’est qu’un accessoire optionnel et en aucun cas il ne fait foi.

Il est par contre précieux, en mi-journée quand il faut communiquer le nombre de votant à la préfecture afin de mettre à jour le taux de participation dont les médias sont friands.

Pour ce faire, c’est plus rapide de lire le compteur même s’il y a une erreur de quelques unités, ce qui est sans conséquence, plutôt que de compter sur la liste d’émargement.

Certaines municipalités, las des contestations liées au peu de fiabilité de l’usage des compteurs les interdisent purement et simplement.

 

Certaines urnes sont également équipées d’une sonnette actionnée par l’ouverture de la trappe. Cet accessoire qui n’apporte aucune fiabilité supplémentaire au déroulement du scrutin a, par contre, le pouvoir d’agacer les scrutateurs qui la subissent pendant la durée de leur permanence.

 

La taille des urnes varie en fonction du nombre d’électeurs inscrits. Le code électoral indique qu’il est vivement recommandé que ce nombre  ne dépasse pas  800 à 1000.

Mais certains bureaux ont jusqu’à 2000 électeurs.

Les urnes les plus utilisées en France vont de 600 à 1600 bulletins dans les scrutins politiques alors que dans les votes socioprofessionnel dans les entreprises, l’urne la plus utilisée est une urne de 300 bulletins (soit 15 litres) car la multiplicité des collèges (cadre, employés, etc) amène à des collèges plus restreints. Cette urne a été créée en 1990 par la Société FORM X.L.

Mini urne (300 bulletins)
Mini urne (300 bulletins)

Certaines urnes peuvent contenir jusqu’à 2500 bulletins (125 litres) mais elles ne sont utilisées que pour des jeux concours. L’urne du Père-Noël dans les grandes surfaces va jusqu’à 1500 litres…

Urne 2000 à 2500 bulletins avec et sans compteur.
Urne 2000 à 2500 bulletins avec et sans compteur.

La transparence des urnes a fait des émules dans les pays qui ont accédé à la démocratie depuis peu, comme les anciens pays du bloc soviétique et les pays d’Afrique où la démocratie est souvent assez faible mais l’utilisation d’urne transparentes permet de médiatiser sur la transparence des opérations de vote.

 

C’est ainsi que Monsieur Alain ROSSINOT, maire de Nancy, se rendant en Pologne peu après l’accession au pouvoir de l’équipe de Solidarnosc, a offert à Monsieur Bronislaw GEREMEK, premier ministre polonais, une urne transparence. Les élus polonais sont par la suite venus nombreux en « stage de démocratie » à Nancy.

 

Les urnes sont parfois démontables quand il faut en utiliser beaucoup dans des endroits reculés comme certains pays africains.

FORM X.L. a développé une telle urne démontable qui ne fait que 6 cm d’épaisseur une fois rangée dans sa valisette de transport. Elle est équipée de 2 cadenas et est également en polycarbonate incassable.

Ces urnes démontables sont également appréciées dans les entreprises comme les entreprises du bâtiment qui ont du personnel sur de nombreux chantiers et qui doivent voter le même jour. Chaque chef de chantier par avec ses urnes démontables depuis le siège de l’entreprise et fait voter son personnel sur le chantier.

 

Il ne faut pas oublier le vote électronique et par analogie, on parle d’urne de vote électronique à propos des ordinateurs qui permettent le vote dématérialisé (sans bulletins). Elle sont à la fois urne, isoloir et table de dépouillement. De nombreuses polémiques et de mauvais souvenirs lors de l’élection de 2004, au USA, ne facilitent pas l’acceptation du public pour ces nouveaux produits.

Néanmoins de nouvelles procédures de vote ont vu le jour en Grande Bretagne où il était possible de voter via un téléphone portable. Cette idée a été mise en application afin de tenter de réduire l’abstention, en particulier des jeunes généralement peu motivés à la chose politique mais très amusé à l’idée de voter en tapant sur le clavier de leur téléphone.